Paroisse du
Bienheureux
Louis-Zéphirin
Moreau

Complément d'histoire sur Sainte-Gertrude

 Situation géographique :

La communauté de Sainte-Gertrude fait partie de la ville de Bécancour, située dans la MRC de Bécancour et la région administrative Centre-du-Québec. On y accède par la route 261 et la route 226.  Elle s'étend sur 115 km carrés et les résidents ont comme gentilé Gertrudois et Gertrudoises.

Les débuts :

Le 10 décembre 1844, une requête signée, entre autres par M. Joseph Godet père, fut adressée à Mgr Signay, archevêque de Québec en vue de la formation d'une nouvelle paroisse. La requête fut acceptée par Mgr Signay le 1er juillet 1845.  La paroisse nouvellement formée comptait alors 200 familles en date du 4 juillet 1846 et la population totale était de 715 âmes.

La construction d’une chapelle comprenant une sacristie et un presbytère fut mis en chantier en 1847 et fut terminée en 1848. Le 4 mars 1848, Mgr Cooke, nouvel évêque de Trois-Rivières procédait au choix du site de la nouvelle église en y plantant une croix.  La construction débuta le 10 juin 1848 sous la direction de l’entrepreneur Damase St-Arnaud. Le premier curé résidant a été l'abbé Édouard Chabot qui arriva le 7 octobre 1849.

 L’occupation du territoire :

Le développement  de la paroisse résulte d’une extension de la colonisation agricole dans le prolongement de Nicolas-Perrot et Mgr-de-Laval (Grand-Saint-Louis) et de l’ouverture d’une route dans la seigneurie de Cournoyer à partir du fleuve Saint-Laurent vers le Bas-Saint-Antoine.  L’agriculture y est prospère car elle occupe une partie du bassin de la rivière Gentilly où on retrouve les argiles déposées par la Mer Champlain.  L’agriculture s’accompagne alors de l’exploitation forestière pour le bois d’œuvre, le bois de chauffage et l’acériculture.  Ces activités sont à l’origine de l’ouverture de divers moulins à farine, à carder la laine, à scie et à bardeaux de cèdre. Vers la fin du XIX ème siècle, on voit apparaître quatre fromageries dont quelques-unes produisent également du beurre.  Deux manufactures de portes et fenêtres sont ouvertes grâce à l’initiative de Sinaï Massé (1879) et de Zéphirin Verville et Phillias Piché (1890).  Pierre Leblanc implante une briqueterie (1890-1912) dans le rang du Petit-Saint-Louis dont les briques ont servi à la construction d’une partie du presbytère. En 1933, Blanchette et Genest développent une tannerie.

Avec l’érection canonique, la construction de l’église et du presbytère, ce fut l’amorce au développement d’un véritable village.  Graduellement, plusieurs commerces et services se sont greffés au noyau religieux, comme l’école, le bureau de poste, les magasins généraux, les boulangeries, la forge, la beurrerie, une boutique de menuiserie, le médecin, le cordonnier…  Bien organisé, le noyau villageois a pris son autonomie municipale le 2 octobre 1901. À une époque plus récente, une manufacture de fabrication de cercueils (1959) et de meubles (1987) ont permis la création d’emplois industriels.  Dans la partie rurale, Lucien Leboeuf ouvre une manufacture de portes et fenêtres en 1949 et les érablières deviennent davantage commerciales et ouvertes au public. 

Le dynamisme démographique :

Dès les débuts, la croissance démographique fut rapide grâce à l’arrivée de nouveaux résidents et de nombreux enfants grâce à un taux de natalité élevé.  Ainsi, de 1846 à 1857, la population est passée de 715 habitants à 1064, à 1598 en 1868, à 1750 en 1879 et à 2220 en 1887.  Elle descend à 1607 en 1890 avec l’attribution de gertrudiens à la nouvelle paroisse de Saint-Sylvère lors de son érection canonique le 20 juin 1887 et avec l’amputation d’une partie du territoire au profit de Sainte-Marie-de-Blandford le 7 février 1889.  Au vingtième siècle, la population s’est maintenue entre 1600 et 1700 habitants.

La vie religieuse :

Les prêtres catholiques furent importants dans le soutien religieux et moral de la communauté gertrudienne.  Le premier curé résidant a vu à l’établissement de la paroisse religieuse et à la surveillance de la construction de l’église.  Tous ses successeurs ont laissé leur marque dans la paroisse, mais trois d’entre eux ont eu une influence déterminante vu leur présence sur une grande période.  Paul de Villers a séjourné à Sainte-Gertrude durant 29 ans jusqu’à son décès (1854-1883) tandis que Joseph Forcier fut également curé pendant 29 ans (1904-1933). Enfin, Victoré Despins aurait baptisé plusieurs des résidents actuels de la paroisse, car il fut curé de 1944 à 1966.

De ces trois curés ayant résidé plus de vingt ans à Sainte-Gertrude, Paul de Villers fut le plus important au moment où la paroisse se développe rapidement.  Ce curé fut dévoué, apprécié des citoyens et très généreux pour sa paroisse et ses paroissiens, surtout pour les plus démunis. Issu d’une famille relativement à l’aise, il a puisé dans ses ressources financières personnelles pour appuyer les paroissiens en vue de la finition de l’église.  Ainsi, il s’occupa à compléter l’intérieur de l’église (achats d’ornements, ajouts d’autels, construction des voûtes, jubés, bancs…).  En 1882, il fit recouvrir le toit de l’église d’une tôle galvanisée.  Il fit également construire un hangar et a restauré le presbytère.  Pour le développement du territoire, il n’a pas hésité à déboiser de ses propres mains pour la création d’un chemin dans le deuxième rang (communément appelé la route de M. Villers et aujourd’hui nommé chemin des Merisiers).  Comme citoyen, il avait à cœur la colonisation et l’attachement de ses compatriotes à la patrie. Il fit construire à ses propres frais une Académie (1876-1877) pour l’instruction des jeunes filles de la paroisse et des environs.  À son décès, il légua son Académie aux Sœurs de l’Assomption avec une bonne bourse pour son fonctionnement.  L’appréciation de ses ouailles explique l’utilisation actuelle de son nom dans la toponymie gertrudienne.  La paroisse étant bien établie, le curé Joseph Forcier s’occupa de l’agrandissement de l’église et de la construction de la façade actuelle et des deux clochers en plus de son dévouement pour la communauté chrétienne.

On ne peut terminer sans mentionner que la paroisse a donné plus de 220 prêtres, religieux et religieuses pour l’église du Québec et pour le missionnariat un peu partout dans le monde. Parmi les prêtres missionnaires, on peut souligner la contribution du curé Henri Richard  (1908-1993) dans la colonisation de l’Abitibi, particulièrement dans la paroisse de Vassan.

 Sainte-Gertrude aujourd’hui :

Aujourd'hui, avec une population de 1 500 habitants, la communauté de Sainte-Gertrude se distingue en étant un secteur de la ville de Bécancour qui s’occupe à une agriculture prospère,  à l'industrie, à l’activité commerciale et à des entreprises de services.

Cette communauté dynamique regroupe environ 40 comités et organismes pour garder le climat fraternel, dynamique et solidaire qui y règne depuis  le début de son existence.

 

Texte: Laurent Deshaies

Sainte-Gertrude