Paroisse du
Bienheureux
Louis-Zéphirin
Moreau

Patrimoine religieux

L’église Saint-Édouard-de-Gentilly

Un temple signé par des hommes de métier, artistes et architectes régionaux

En 1781, une première église en pierre est élevée à Saint-Édouard-de-Gentilly. En 1845, Mgr Signay, évêque de Québec, ayant constaté le triste état du bâtiment, qui menace ruine à la suite de dommages causés à chaque printemps par la crue du fleuve, autorise la construction d'un nouveau temple, sous réserve que l'église soit changée de site, afin de continuer d'utiliser le premier bâtiment jusqu'à la complétion des ouvrages du nouveau temple et de le mettre à l'abri des inondations annuelles. L'évêque exige également qu'on fasse appel à un architecte. Cette condition, à première vue surprenante, est révélatrice d'une attitude qui caractérisait parfois les régions éloignées des grands centres. Faute de pouvoir retenir les services d'un architecte, on s'adressait à un habile entrepreneur, qui construisait un bâtiment d'après un modèle reconnu et répété à quelques reprises.

Ainsi, l'église de Saint-Édouard est édifiée suivant le modèle de Thomas Baillairgé utilisé quelques années auparavant à Saint-Pierre-les-Becquets. Le plan prend la forme d'une croix latine terminée par une abside en hémicycle, avec une sacristie adossée au rond-point. Elle est terminée en 1849, mais le clocher, d'une autre facture, ne sera complété qu'en 1857, en même temps que le décor intérieur. Damase Saint-Arnaud, entrepreneur de Bécancour, est responsable du décor intérieur terminé en 1862 suivant la tradition de Thomas Baillairgé.

La fausse voûte, l'entablement, les retables, les stalles, les trônes et la balustrade «doivent être
semblables à ceux et celles de l'église de Saint-Anselme» exécutés à partir de 1845 par André Paquet, Saint-Joseph de Lauzon ayant, à cette occasion, servi de modèle. N'étant lui-même qu'un habile menuisier, il est probable qu'il ait dû recourir aux services d'un sculpteur de métier pour réaliser le décor architectural.

La tradition orale attribue les reliefs du choeur à Adolphe Rho, peintre et sculpteur originaire de la paroisse.

Quelques années plus tard, Raphaël Giroux est chargé de renouveler les pièces principales du mobilier de l'église, dont trois autels, la chaire et le banc d'oeuvre. Le tabernacle du maître-autel demeure la pièce la plus remarquable du sanctuaire; il rappelle en modèle réduit un petit bâtiment orné des ordres d'architecture. Giroux réalise également l'encadrement des trois tableaux du choeur, dont celui du maître-autel, par Eugène Hamel, représentant le miracle de l'anneau suivant la légende de saint Édouard le Confesseur, patron de la paroisse. Au décès de Giroux en 1869, ses fils Alfred et Eugène achèveront les travaux.

Les peintures dans les lunettes ont probablement été exécutées en même temps que le décor peint en trompe-l'oeil par Joseph-Thomas Rousseau, peintre décorateur de Saint-Hyacinthe. Outre des motifs ornementaux et architecturaux, il avait réalisé dans le choeur des imitations de marbrure. Une restauration effectuée dans le courant des années 1960 a malheureusement fait disparaître presque toutes les traces de ce décor, d'une qualité remarquable.

En 1907, la fabrique se voit dans l'obligation d'agrandir l'église. Elle fait appel à Louis Caron junior, qui a travaillé auprès de son père, entre autres, à la
cathédrale de Nicolet. Le jeune architecte pose un geste louable de conservation en replaçant le clocher de 1857 sur la tour centrale, couronnant les angles de clochetons à l'identique. Il incorpore également les linteaux de la façade initiale à la nouvelle élévation.

L'édifice est classé monument historique depuis le 10 janvier 1962.

Source: texte internet Denyse Légaré

Lettre de reconnaissance